Les éléments clés du 3e débat en ligne

Le 28 avril se tenait le troisième grand débat ReCOVery sur le thème "Ecosystèmes : la clé d'un capitalisme inclusif".

Replay du 3e débat en ligne
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mediapar Antonio Meza @antoonsparis
Le troisième débat de l’initiative reCOVery initiée par Mirova et Fabernovel était animé par Brieux Férot, directeur du développement au sein de So Press. Son thème : ”Écosystèmes : la clé d'un capitalisme inclusif ?” Brieux Férot a tout d’abord présenté les grands témoins du débat : Frédéric Mazzella, président & fondateur de BlaBlaCar et co-fondateur de France Digitale ; Arnaud Leroy, président de l’ADEME; Rose-May Lucotte, Co-fondatrice de ChangeNOW Summit et Nicolas Chabanne, fondateur de “C’est qui le patron ?”. Brieux Férot a ensuite rappelé ce qu’était l’initiative reCOVery : un mouvement participatif et collaboratif qui s’adresse aux entreprises qui souhaitent adopter une démarche inclusive dans la manière de conduire leur propre activité. Basile Michardière, Incubator co-director chez Makesense, ainsi que Audrey Saget, présidente d’Imfusio et représentante de B-Lab France ont ouvert le débat.

La crise sanitaire, prototype de la crise climatique à venir ?

Basile Michardière a commencé par citer Albert Einstein : « La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent ». Cette citation illustre deux idées, la première, c’est que la crise actuelle est un prototype de la crise climatique à venir, la deuxième, c’est que face à des enjeux aussi élevés, la réponse à apporter doit être différente en terme de quantité et radicalité mais aussi dans les outils utilisés. Malheureusement, selon Basile, il est difficile d’accepter les conséquences du mal tant que l’on ne les a pas subies.

Définir la notion d’écosystèmes

Audrey Saget a ensuite pris la parole pour définir la notion d'écosystème : un ensemble formé par une association ou une communauté d’êtres vivants et son environnement : le biotope. Les éléments constituant un écosystème développent un réseau d'échange d'énergie et de matière permettant le maintien et le développement de la vie. Elle a ensuite fait le lien entre le vivant et les organisations. Au sein d’un écosystème, chaque entité à une place égale, chacun est uni autour d’une vision commune qui dépasse les intérêts personnels et chacun se doit d’être utile à soi, aux autres et au monde. Le capitalisme inclusif est au service de l’ensemble des parties prenantes et non uniquement aux actionnaires. Brieux Férot et Audrey Saget ont ensuite illustré leurs propos avec les exemples du réseau des FabsLabs et Leroy Merlin, avant de terminer par la présentation de différents indicateurs de mesure d’impact (Doughnut Economy, SDG Action Manager et BIA de la communauté B-Corp).

La crise révèle l’importance des écosystèmes

Pour Frédéric Mazzella, un écosystème représente avant tout la collaboration, la diversité et la notion de petits et grands. Éléments chers notamment pour France Digitale en ce moment, car c’est dans les moments difficiles que l’on réalise l’importance de l’écosystème : la complémentarité et la diversité des sociétés fait la richesse et la connaissance. Pour BlaBlaCar, c’est la logique communautaire qui met en ce moment en valeur l'entraide des utilisateurs, notamment grâce à la nouvelle initiative BlaBlaHelp. Brieux férot a ensuite invité Nicolas Chabanne à parler de solidarité locale : “lorsqu’on revisite tout le processus de fabrication, comment ne pas déstabiliser tous les écosystèmes et reconstruire le vôtre ?”

Au-delà des écosystèmes, le bon sens du collectif

Pour Nicolas Chabanne, qui n’est pas familier avec la notion d’écosystème, il s’agit avant tout de bon-sens collectif et de bienveillance. Nous avons “débrayé la mécanique [...] et laissé un équilibre se trouver”. C’est l’esprit de solidarité qui est mis en avant. Cet esprit est d’ailleurs très bien illustré par la redistribution des revenus supplémentaire qui a lieu en ce moment au sein de la coopérative. Les réseaux sociaux permettent à tout le monde de communiquer et de se rendre compte qu’il ne faut que quelques centimes supplémentaires par mois pour les consommateurs pour que tous les acteurs concernés y trouvent leur compte. On passe d’une logique de vente grâce au marketing à une logique de vente de bon sens. L’argent du marketing doit être redistribué.

Du rôle de la publicité sur la consommation...

Brieux Férot s’est ensuite adressé à Arnaud Leroy pour lui demander si la manière dont fonctionne un écosystème a une incidence sur la façon dont l’administration fonctionne. Arnaud Leroy a tenu a rappelé que l’ADEME avait un positionnement particulier et n’était pas totalement représentatif de l’administration. Il a ensuite évoqué la pertinence de l’économie circulaire encouragée par l’ADEME par le biais de “l’écologie industrielle territoriale”. Il a ensuite tenu à rappeler que de nombreuses décisions prises par les consommateurs étaient incitées par la publicité et qu’il ne fallait pas minimiser son impact sur la consommation, propos appuyés par Frédéric Mazzella.

L'importance de l'échelon territorial

Rose-May Lucotte a ensuite pris la parole au sujet de l’analogie entre la nature et l’écosystème des entreprises. Pour elle, il faut arriver à recréer ces “bulles de concentration de vie”, de synergies, qui permettent à ceux qui veulent changer le monde de se développer au plus vite. L'événementiel est un des outils qui permette à ces acteurs de pouvoir de réunir pour la défense d’une mission commune : la préservation du vivant. On ne peut pas intervenir partout : pour Arnaud Leroy, la notion de territoire est en train de se transformer car les compétences sont à l’échelon territoriale. L’alimentaire à un rôle essentiel de contribuer à reconstruire l’écosystème face à d’autres produits de consommation. il faut s’interroger sur la façon de passer un message positif pour encourager la relocalisation que d’autres secteurs que l’alimentaire.

Quels indicateurs d’impact pour les écosystèmes ?

Pour Frédéric Mazzella, le fait de connaître le nombre de personnes utilisant la plateforme BlaBlaCar en temps réel, permet de constater le développement de l’entraide de voisinage et d’une cohésion locale, révélatrice du développement des circuits courts. Selon Arnaud Leroy, il faut s’aider des outils disponibles, comme les ODD (Objectifs de Développement Durable), qui permettent de mesurer l’impact de l’ensemble des activités. En conclusion, Brieux Férot a finalement présenté brièvement le prochain débat qui portera sur "Une nouvelle forme d’organisation de l’économie en écosystèmes".
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