Les éléments clés du premier débat en ligne

Le 14 avril se tenait le premier grand débat ReCOVery sur le thème "Sortie de crise : les nouveaux raisonnables".

Replay du premier débat en ligne
mediapar Antonio Meza @antoonsparis
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Philippe Zaouati, CEO de Mirova, et Stéphane Distinguin, FABERNOVEL, à l’origine l'initiative de reCOVery ont ouvert le débat et donné la vision et l'ambition de l'initiative tout en soulignant sa dimension collaborative, essentielle à son succès. Stéphane Distinguin, FABERNOVEL, a d'abord rappelé que l'ambition de cette initiative était de fédérer les réseaux et les entreprises sur les enjeux de responsabilité sociale et environnementale, tout en soulignant que "le plus grand risque de cet après-crise serait un back to business", qui ferait l’économie des défis sociétaux. Philippe Zaouati, a souligné l’importance de l’approche collaborative de cette démarche et remercié les réseaux déjà engagés aux côtés de reCOVery : B Lab France, la Communauté des Entreprises à Mission, le Collège des Directeurs du Développement Durable (C3D), Finance for Tomorrow et en partenariat avec Usbek & Rica et BFM Business. Cette démarche s'inscrit également dans l’esprit des actions menées par la coalition #10pourcent pour tout changer, portée par le Haut-Commissaire à l’Economie sociale et solidaire Christophe Itier. Axelle Ricour-Dumas (FABERNOVEL) et Ladislas Smia (Mirova) ont posé les termes du débat et donné des perspectives sur le sujet de l'évolution des « standards ». 5 grandes pistes d’opportunités ont été identifiées : 1/ La restructuration de nos espaces de vie et de nos modes de consommation, amenée notamment par le social distancing ; 2/ L'évolution de notre relation à la donnée et à l'intelligence artificielle, à commencer par les sujets touchant à notre santé ; 3/ La nouvelle conscience de la nécessité de développer l'adaptabilité, la résilience, l'anti-fragilité pour penser une croissance de long terme ; 4/ La réévaluation des chaînes de valeur, et le redesign des écosystèmes, prenant en compte, notamment, la nécessité d'une forme de souveraineté sur les secteurs stratégiques. Il s'agit de trouver un nouvel équilibre entre global et local et de distinguer les activités à caractère essentiel ; 5/ Une émergence nouvelle de l'intérêt général, du collectif, qui devrait devenir plus réel, plus visible au sein de nos sociétés. Deux grands témoins, dirigeants dans de grandes entreprises, Astrid Panosyan (Chief Resources Officer) et Christophe AUDOUIN (Les Prés Rient Bio), ont ensuite échangé sur ces perspectives, donnant leur vision nourrie de leurs expériences respectives dans de grandes entreprises. Ils ont d'abord évoqué l'évolution de certains usages notamment dans la dématérialisation et en lien avec la distanciation sociale. A cet égard, Astrid Panosyan a rappelé que l’Homme reste avant tout un « animal social » et pondéré, en rappelant que si la crise a accéléré certains usages (télétravail, commandes en ligne…), le besoin de contact humain restera sans doute un élément fondamental. Mais si la crise transforme certains usages, elle s'avère surtout être l'opportunité de mettre en place des transformations structurelles – pour certaines souhaitées depuis longtemps - de manière beaucoup plus rapide que dans un contexte "normal" ou tout du moins, pré-crise (systèmes de solidarité ad hoc, mises en place de programmes de mécénat de compétences/bénévolat des collaborateurs auprès des associations – comme celui mis en place au sein de Danone, notamment). « Nous avons l’opportunité de provoquer des changements tout de suite dans cette crise », selon Christophe Audouin. L’ensemble des débatteurs ont unanimement reconnu que cette séquence devrait permettre de faire accélerer certaines grandes transitions comme celle du passage d’un shareholder à un stakeholder capitalism par la prise en compte "imposée" de toutes les parties prenantes dans cette crise globale. « Si pas tous les changements positifs ne perdureront, il est certain que cette crise, vécue à un niveau planétaire, laissera une marque dans notre mémoire collective » a affirmé Christophe Audouin. Et, comme le soulignait Astrid Panosyan, celle-ci aura eu une première vertu : celle d'avoir installé la notion de souveraineté sur les fonctions régaliennes (santé, défense etc.). Elle nous aura également permis d’agir comme un révélateur des vertus et des limites de nos économies, de nos sociétés et notamment quelles industries et métiers sont essentiels ou non, mais aussi la volonté de s'engager et des opportunités de résoudre la "crise de sens" vécue par un certain nombre de « cols blancs ». Astrid Panosyan a rappelé toutefois qu'il faudra aborder avec lucidité et accompagner les entreprises dans la réconciliation des tensions qui commencent à se dessiner : coopération vs. souveraineté, court terme vs. long terme, citoyen vs. consommateur... Car si les bonnes volontés semblent plutôt converger, les choix ne seront pas si évidents face à certaines tendances collectives. L'exemple de l'ombre du retour au tout-automobile, dans un contexte où les transports en commun représenteront pendant encore un temps incertain une zone à risques élevés, est particulièrement parlant. Enfin, Christophe Audouin, a rappelé qu'il est naturel de s'intéresser à l'avenir mais que beaucoup de choix structurants s'imposent aux entreprises et à leurs dirigeants dès maintenant. "Si je ne me sens pas de juger de notre responsabilité dans la crise qui est la nôtre actuellement, je sais que nous serons tenus responsables de notre réaction", a notamment affirmé le directeur général de la filiale B Corp de Danone Les Près Rient Bio. Les deux grands témoins se sont accordés pour affirmer que les entreprises font et feront partie de la solution à cette crise, en complémentarité de l’action des pouvoirs publics, en poursuivant cette mue salutaire vers la "coopétition", en créant davantage de coalitions, en inventant les nouvelles solidarités... en étant à la hauteur de cette page de l'Histoire. Cette crise représente une opportunité historique pour les entreprises de prendre un nouveau rôle dans la société. Thierry Keller (Usbek & Rica) modérait ces échanges et nous a donné rendez-vous la semaine prochaine, mardi 21 avril à 12h, pour évoquer les nouvelles chaînes de valeur et les perspectives de relocalisation amenées par la crise du #covid19.
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